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Guide · Conseils

Remplacer un chauffage électrique dans le canton de Vaud

Le canton de Vaud impose de remplacer les chauffages électriques d’ici au 1er janvier 2033. Ce qui est suspendu, ce qui court, et par quoi remplacer.

Puissance qu'il vous faut11 kW
Prix estimé, pose compriseCHF 33'400 – 41'700

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La règle du voisin

Distance minimale entre votre unité extérieure et la fenêtre voisine la plus exposée.

8 à 10 m si le voisin est en zone d'habitation (DS II)
4 à 6 m s'il est en zone mixte ou industrielle (DS III-IV)

C'est le degré de la zone du voisin qui compte, jamais la vôtre — et il se lit dans le règlement de votre commune. Une machine plus silencieuse a le droit d'être plus proche.

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Dans le district de Nyon, le chauffage tout électrique n’a rien d’une curiosité. On le trouve dans les chalets de Saint-Cergue devenus résidences principales, dans les villas des années 1960 et 1970 de Founex ou de Begnins, où l’électricité passait alors pour la solution moderne et sans entretien, et dans quantité de petits appartements équipés de panneaux muraux. Si c’est votre cas, une date vous concerne directement, et elle arrive plus vite qu’on ne le croit.

Ce que dit exactement le décret vaudois

Le canton de Vaud s’est doté d’un décret sur l’assainissement des chauffages et des chauffe-eau électriques, le DACCE (BLV 730.051), en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Il pose une règle facile à énoncer : les chauffages et les chauffe-eau électriques doivent être remplacés d’ici au 1er janvier 2033. Le décret impose en outre d’annoncer son installation à la Direction de l’énergie du canton.

Deux précisions méritent d’être posées tout de suite, parce qu’elles sont mal comprises. La première : il ne s’agit pas d’une interdiction de posséder un radiateur électrique. C’est une obligation d’assainir, c’est-à-dire de remplacer le système de chauffage par une solution qui ne repose plus sur une résistance électrique. La seconde : le décret lui-même a été attaqué en justice, jusqu’au Tribunal fédéral, et ces recours-là ont été rejetés. Le texte est définitivement valide. Il ne sert donc à rien d’espérer qu’il tombe.

« Le décret est suspendu » : non, et la nuance change tout

On entend souvent, autour d’une table, que « tout ça est suspendu, on a le temps ». C’est faux, et l’erreur peut coûter cher. Ce qui est suspendu, c’est la directive d’application — le document technique qui précise comment le décret se met en œuvre au quotidien. Elle fait l’objet d’un recours déposé en janvier 2025, qui n’a pas été tranché.

Le décret, lui, reste pleinement en vigueur. Le devoir d’annonce aussi. Et l’échéance continue de courir, jour après jour. La conséquence pratique est même l’inverse de ce que beaucoup imaginent : tant que la directive est suspendue, la Direction de l’énergie ne délivre ni attestation d’assainissement, ni dérogation, ni prolongation de délai. Autrement dit, vous ne pouvez pas, aujourd’hui, faire sécuriser un report. Compter sur un papier que personne ne signe, c’est la seule stratégie qui soit garantie perdante.

Le devoir d’annonce, la démarche que tout le monde oublie

Annoncer son installation ne veut pas dire demander la permission de la garder. C’est un recensement : le canton veut savoir où se trouvent les chauffages électriques du territoire. L’annonce se fait spontanément auprès de la Direction de l’énergie, au moyen du formulaire officiel prévu à cet effet. Le délai initialement fixé est dépassé depuis 2025, mais l’obligation, elle, demeure. Si vous ne l’avez pas faite, faites-la : c’est gratuit, c’est rapide, et cela vous évite d’ouvrir votre dossier de remplacement par une irrégularité.

Sept ans, ce n’est pas long à l’échelle d’un bâtiment

2033 paraît lointain. Regardez plutôt le calendrier réel d’un remplacement. Il faut d’abord faire venir un installateur, qui mesure, relève la surface chauffée, l’état de l’isolation et la place disponible dehors. Il faut ensuite déposer la demande de subvention et attendre l’accord écrit du canton avant tout achat. Il faut annoncer l’installation à votre commune. Il faut commander la machine, dont les délais de livraison varient selon les marques. Et il faut poser, souvent en même temps qu’un chantier de distribution de chaleur.

C’est ce dernier point qui pèse. Passer de panneaux muraux à une pompe à chaleur ne consiste pas à échanger une boîte contre une autre : dans une maison chauffée à l’électricité, il n’y a en général ni radiateurs à eau, ni tuyauterie, ni local technique. Il faut créer le réseau de distribution qui n’existe pas. Selon le bâtiment, ce sera un plancher chauffant dans les pièces refaites, des radiateurs basse température, ou une solution par l’air. Le chantier touche aux sols, aux murs, parfois aux plafonds : ce n’est pas une intervention d’une journée, et cela ne s’improvise pas au premier coup de froid de novembre. Notre guide sur les radiateurs et le chauffage au sol détaille ce choix.

Par quoi remplace-t-on, concrètement

Trois familles de solutions couvrent la très grande majorité des cas du district.

  • La pompe à chaleur air-eau. C’est la solution la plus fréquente. Elle produit de l’eau chaude qui circule dans un plancher chauffant ou des radiateurs, et elle couvre aussi l’eau chaude du robinet. C’est celle qui demande le plus de travaux dans une maison tout électrique, et c’est aussi celle qui donne le confort le plus proche d’un chauffage central classique.
  • La pompe à chaleur air-air. Elle souffle de l’air chaud, sans circuit d’eau. Le chantier est nettement plus léger, ce qui la rend intéressante dans un appartement ou un chalet. En revanche, elle ne fait pas l’eau chaude sanitaire : il faut traiter ce poste à part.
  • Le chauffe-eau thermodynamique. Si votre chauffage est déjà réglé mais que le boiler électrique reste, c’est lui qui prend le relais. C’est le chantier le plus simple des trois, souvent réalisé en une journée.

Le choix dépend moins de la commune que du bâtiment lui-même : sa surface, son isolation, l’espace disponible à l’extérieur et la distance à la fenêtre du voisin. Notre page remplacement d’un chauffage électrique reprend chaque cas de figure en détail.

La subvention, et l’ordre des opérations

Remplacer un chauffage électrique fixe à résistance par une pompe à chaleur fait partie des situations visées par le Programme Bâtiments. Mais l’ordre compte plus que tout le reste : rien ne doit être commandé, ni livré sur le chantier, avant que l’accord écrit du canton ne vous soit parvenu. Déposer la demande ne suffit pas — elle doit avoir été approuvée. Un chantier lancé trop tôt fait perdre le bénéfice de l’aide, et cela arrive chaque année à des propriétaires parfaitement de bonne foi. Le détail se lit dans notre guide sur les subventions vaudoises.

Un point technique mérite d’être connu : sous 15 kW, le canton demande que l’installation soit réalisée selon le PAC système-module pour être subventionnée. Ce n’est pas une condition de légalité — une pompe à chaleur posée autrement reste parfaitement en règle — mais une condition d’éligibilité de l’aide.

Et la nouvelle loi vaudoise sur l’énergie ?

Une nouvelle loi sur l’énergie a été adoptée par le Grand Conseil le 3 février 2026 ; le référendum lancé contre elle n’a pas abouti. Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2027, en même temps que son règlement d’application. Ce règlement n’étant pas publié, personne ne peut vous dire aujourd’hui ce qu’il contiendra dans le détail, et nous ne le ferons pas davantage. Ce qui est certain, c’est que d’ici là ce sont les règles actuelles qui s’appliquent à votre projet, et qu’attendre pour commencer à y réfléchir ne fera gagner de temps à personne.

Ce qu’il faut faire cette année

Trois gestes simples, dans cet ordre : annoncer votre installation à la Direction de l’énergie si ce n’est pas déjà fait ; faire venir un installateur pour un état des lieux, même si vous ne comptez pas changer tout de suite ; et déposer la demande de subvention avant de commander quoi que ce soit. Les deux premiers ne vous engagent à rien. Le troisième conditionne tout le reste.

Il reste une chose que personne ne peut faire à votre place : regarder votre compteur. Un chauffage électrique se paie tous les hivers, et cette dépense-là ne diminue pas avec le temps. La date de 2033 est une contrainte, mais elle tombe sur un investissement que beaucoup de propriétaires du district auraient de toute façon fait pour des raisons de facture.

Si vous voulez savoir ce que donnerait ce remplacement chez vous, demandez un devis : un installateur passe, mesure, et vous repartez avec un chiffre et un calendrier plutôt qu’avec une date qui plane. C’est gratuit, et cela n’engage à rien.

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